Sidi Mezghiche : ce petit coin de paradis

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Sidi Mezghiche : ce petit coin de paradis

 

Majestueusement perchée sur deux collines qui se regardent depuis la nuit des temps, la ville de Sidi Mezghiche, au sud-ouest de Skikda constitue une mosaïque de couleurs et de saveurs. Cette petite ville peut être considérée comme un exemple en matière du cadre urbain respectable dans lequel vit la population. En fait, la ville a décroché plusieurs fois le Prix de « la ville la plus propre » à l’échelle de la wilaya et une attestation d’honneur attribuée par le Ministère de l’Environnement.

Ce petit paradis est entouré par des terres extrêmement fertiles. Tous les trésors de la se cachent, au fait, dans la région de Sidi Mezghiche : son huile d’olive, ses sérails, ses légumes et fruits sont d’une saveur singulière. Elle participe ainsi à l’épanouissement des marchés alentour avec ses dons terriens.

Sidi Mezghiche est, en outre, un tableau de beauté qui coupe le souffle. Avec ses maisons parsemées comme des perles sur le dos des deux collines sur lesquelles elle s’étale, la ville forme une fresque paradisiaque. Elle se connaît également à travers ses monuments historiques, qui se trouvent hélas en péril. Sa vieille mosquée bâtie dans les années trente et qui fut le berceau où se lança le mot d’ordre à la veille du déclenchement de la glorieuse révolution est dans un état dégradé, sous le silence des autorités concernées. C’est également le cas de l’ancienne prison construite par l’occupant français à l’aube du XXe siècle qui devient aujourd’hui un lieu laissé à l’abandon. Avec son architecture ossmanienne, cette dernière pourrait être un musée qui sauvegarde la mémoire de cette région qui a été extrêmement généreuse pendant les années de lutte pour la Libération Nationale.

Sidi Mezghiche a enfanté, en effet, de grands martyrs tels que Bouledjbah Smaïn, Cheligham Rabah, les frères Ouldji, Karout Ismail, les frères Haddad et autres noms qui resteront gravés, à jamais, dans les cœurs. Au cours de l’offensive du Nord Constantinois, cette ville a été un arrière-front pour les actions héroïques que menait le grand héros : Zighoud Youcef. Ce dernier est d’ailleurs tombé au champ d’honneur dans les hauteurs de Sidi Mezghiche lors d’un accrochage armé contre les forces coloniales.

Sidi Mezghiche est une école altruiste par rapport à ce qu’elle a offert au monde sportif. L’ancien joueur de la JSK, Boukadoum, l’ancien équipier national, M. Bouras et d’autres joueurs de talents ont, tous, vu le jour à Sidi Mezghiche. Cette terre fertile donne jusqu’à aujourd’hui des enfants prodigieux dans tous les sports. Or, le manque d’infrastructures sportives dresse un obstacle face aux jeunes talentueux.

Parler de Sidi Mezghiche c’est parler de sa grande mosquée : « Messjed En’nour ». Ce monument de culte, avec sa belle architecture maghrébo-islamique, son minaret qui touche le ciel, ses coupoles et les placettes qui le cerclent de tous les côtés, est un véritable repère pour les Mezghichis. En plus de l’immense salle de prière, ce lieu de sacré englobe une école coranique très fructueuse. Cette école que nous pouvons très bien comparer à un essaim d’abeilles forme des élèves qui concluent chaque année l’apprentissage du Livre Saint, mais aussi du Hadith.

Aucune ville en Algérie ne peut veiller comme Sidi Mezghiche. En fait, Mezghiche ne ferme pas ses yeux, de jour comme de nuit. À n’importe quel moment de la nuit, vous trouvez un café, un épicier, un pâtissier, un magasin tous ouverts.

Entre un passé glorieux et un présent sinueux, Sidi Mezghiche s’attend à un avenir plus lumineux. Sa force juvénile veut concrétiser ses rêves sur le sol des aïeux. Conséquemment, on doit leur donner la chance en les prenant en charge, en écoutant leurs préoccupations et en leur tendant la main pour qu’ils fassent fleurir ce coin de paradis avec leur sueur comme l’ont fait leurs ancêtres avec leur sang.

Ecrit par : Mohamed BOUCHELTA

 

 

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